dimanche 20 octobre 2013
"Chronique d'hiver" - Paul Auster
samedi 12 octobre 2013
Man - Kim Thuy
C'est un roman qui se déguste, qui se lit lentement. Chaque court chapitre, au plus 2 ou 3 pages, est comme un poème. On goûte la cuisine vietnamienne, on hume le fruit, on ressent l'ambiance tout en retenu et... on vit les obligations d'une tradition figée dans le temps. Un mariage arrangé avec un asiatique immigré à Montréal. La vie de famille est abordée comme un décor seulement. La mère adoptive qui est là comme balises de la tradition. C'est du ressenti qui est ici partagé. Mais ce frottement avec la vie québécoises, la copine Julie qui ose, qui embrasse, qui vit goulûment pousse la narratrice à se dépasser. Le restaurant grandit, il y a les formations à l'étranger, puis il y a la rencontre avec Luc à Toronto. Pour la narratrice, c'est la "catastrophe". Mais... plus la vie suit son court rectiligne, plus le langage intérieur, celui qui vient du corps, du coeur et qui tasse la tête et les conventions de côté, crie fort et plus la catastrophe s'atténue et l'invite se fait pressante.
À lire lentement... Kim Thuy a quelque chose d'enchanteur.
À lire lentement... Kim Thuy a quelque chose d'enchanteur.
mercredi 18 septembre 2013
La fiancée américaine
J'ai adoré!
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La fiancée américaine,
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dimanche 14 juillet 2013
Correspondance de guerre
"Tu m'as appris à regarder l'armée avec des yeux différents, non plus comme une masse de soldats impersonnels, mais comme des hommes et des femmes qui réfléchissent à la guerre et s'arment parce qu'ils veule tenter la paix. Vous y croyez, à cette guerre? Tu y crois, soldat?" (Roxanne Bouchard)
mercredi 18 avril 2012
Le calme retrouvé - Tim Parks
Vous m’avez donné le goût de la
méditation, de la prière, pour reprendre contact avec mon corps, en fait pour l’apaiser.
Je pense au souffle qui passe sur les lèvres, prendre le temps de ressentir ce
souffle. Vivre l’émotion plutôt que de « réfléchir sur l’émotion » en
ne tenant que d’y mettre des mots. Comme en ce moment où je mets en mots ce que
j’ai réalisé en lisant votre livre. Comme vous dites : « la réflexion
exaltée sur l’émotion, qui tâchaient de la détourner de sa fonction première,
de l’enrôler dans mon plan de carrière, de la muer en intelligence et en
écriture. » Ça me parle ces mots…
C’était une bonne réflexion et… en ce moment, j’ai
mal au ventre et je me dis que peut-être que moi aussi je dois cesser cette
lutte dans l’esprit. D’ailleurs, je viens de prendre la décision de ne plus
publier mon blogue sur la littérature. Je vais le garder pour moi. Donc pas de
censure. Je n’ai pas à divulguer tout ce qui se passe en moi… c’est intime
après tout, en autant que j’en prenne conscience.
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Tim Parks
samedi 3 mars 2012
L'envie - Sophie Fontanel
Des chapitres de 4-5 pages, comme des pages d'un journal personnel. Joliment écrit. Un regard vu à travers le prisme d'une réalité volontaire, soit celle de mettre la vie sexuelle de côté. Cette vie lui pesait. C'était un passage obligé, une "tâche", une obligation. J'écris au passé, car à la dernière page, on réalise qu'elle brisera son abstinence... Intéressant pour l'écriture. Le propos... bof. Mais puisqu'on comprend que c'est un passage de vie réelle que S. Fontanel a vécu, on comprend qu'elle a voulu l'exorciser pour peut-être mieux comprendre ce que tout ça représentait pour elle.
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roman français,
Sophie Fontanel
samedi 25 février 2012
Jocelyne Saucier - Il pleuvait des oiseaux
Je commence par ceci : C’EST UN ROMAN REMARQUABLE. Le
narrateur donne la voix aux visiteurs de ces personnes âgées qui ont décidé de
vivre librement. Trois vieux, de plus de 85 ans, qui ont fait le choix de se
donner un dernier chapître de leur vie sans barrière. Leur identité n’est plus
très importante. Trois hommes qui vivent en forêt dans leur cabane respective,
avec pour colocataire, un animal de compagnie. Ils vivent au gré de la nature
dans laquelle nous sommes complètement imprégnées. Que le nécessaire, sans
plus. Même si la rudesse de l’hiver, habituellement rebutante pour moi en tout
cas si j’étais prise en forêt, pour eux, ça va de soi et ça en vaut le coût.
Puis il y a la petite boîte en fer blanc sur l’étagère qui donne accès à la
porte du ciel si un des leurs décidait qu’il en avait assez, en donnant l’exemple
d’incapacités physiques à vivre dans le paradis terrestre.
« Il pleuvait des oiseaux » quand les grands feux
ont fait rage en Ontario au début du 20e siècle. Boychuck était alors
enfant et il a marché pendant des jours dans le marasme de ce désastre qui lui
a fait pourtant rencontrer les jumelles Polson, beautés qu’ils l’habiteront
pendant toute sa vie. Dans sa cabane, Boychuck peint l’incendie, peint les
amours de sa vie.
La photographe, dont je ne suis pas certaine qu’on ait
prononcé son nom dans le roman, part à la recherche de ce Boychuck voulant
faire le reportage de cet enfant qui a marché à travers l’incendie et a croisé
une kyrielle d’individus qui en ont forgé leur histoire personnelle. Elle fera
la rencontre en forêt de la communauté du lac : Charlie et Tom. Boychuck vient
de mourir. Elle s’imprègne de ces vies, faute d’en avoir une.
Puis Bruno, ami de la communauté et de Steeve tenancier du
bar du village, dont la forêt est aussi son coin de jardinage en guise de
gagne-pain, y amènera Marie-Desneige, sa tante qu’on vient de découvrir, sœur de
son père décédé. Internée toute sa vie sous des motifs qui datent d’un autre
siècle, elle aussi aura sa seconde vie dans la forêt. Charlie débutera un
nouveau chapître de sa vie en forêt avec Marie-Desneige.
Un portrait de la vieillesse tout en douceur. Où la vie revêt
un caractère si loin de nos impératifs. Ça nous donne presque le goût d’aller s’isoler
loin, loin et goûter à cette liberté.
Une écriture remarquable. Bravo Jocelyne Saucier, vous m’avez
fait passer un moment ressourçant.
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